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Des nouvelles de l’acide nitreux

par LEGRAND Michel - 20 juillet 2015 - ( maj : 20 juillet 2015 )

L’acide nitreux, dont la formule est HONO, est depuis longtemps un vrai « cauchemar » pour les atmosphériciens. En effet, une fois exposée à la lumière du jour cette molécule se dégrade facilement et devient une source très importante de radicaux OH. C’est ainsi HONO qui contribue pour près de 35% à la production photochimique de radicaux (ROx) dans l’atmosphère estivale polluée des grandes métropoles comme Paris (ANR MEGAPOLIS PARIS). Malgré son importance, force est de constater qu’après des années de recherche, les sources et modes de formation de HONO dans l’atmosphère restent très mal quantifiés. Pire, sa mesure même reste délicate tant les artefacts de mesure sont nombreux. Si de nombreux mécanismes peuvent être invoqués pour expliquer les teneurs en HONO observées dans les grandes villes (réduction de NO2 sur des particules de suie ou encore sur des aérosols très acide, formation par photosensibilisation d’acides humiques produits lors du brulage du bois, etc.), ils restent trop mal connus pour être paramétrer dans les modèles photochimiques. Une étude récente sur HONO menée durant la campagne MEGAPOLI PARIS (en hiver cette fois) est venue accroître la liste des processus photochimiques menant à la formation de HONO en montrant que la source de HONO augmente brutalement durant un épisode de neige au sol. La possibilité que la neige puisse être une source de HONO est une hypothèse souvent invoquée pour expliquer les teneurs significatives de HONO observées dans les régions propres comme l’Antarctique, le phénomène restant cependant difficile à quantifier du fait du caractère permanent du manteau neigeux et de la difficulté de faire des mesures précises de flux (ANR OPALE). Ceci n’est pas le cas pour l’étude réalisée à PARIS où la rareté d’un épisode neigeux a permis d’évaluer directement l’effet de la neige sur les concentrations de HONO avant, pendant, et après l’épisode. Les auteurs de cette étude n’ayant réalisé l’importance du phénomène qu’ »a posteriori », l’analyse chimique de la neige n’a pas été possible.

De futures études sont donc nécessaires sur ce manteau neigeux de régions polluées (dans les vallées Alpines par exemple) afin de mieux comprendre les espèces chimiques impliquées dans cette production de HONO : la photolyse de l’acide nitrique comme suspectée en régions polaires ou encore les HULIS émis par les nombreux feux de cheminée dans les vallées Alpines ?

Liens : http://dx.doi.org/10.1016/j.atmosen... http://dx.doi.org/10.5194/acp-14-99...