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Antarctique : la contribution du retrait des glaciers à la montée du niveau des mers mieux évaluée

par DURAND Gaël - 18 novembre 2015 - ( maj : 20 novembre 2015 )

La montée du niveau des mers due à l’effondrement de l’Antarctique pourrait être plus lente que suggérée précédemment. Une nouvelle étude de chercheurs français et britanniques indique que l’effondrement de l’Antarctique aura des répercussions importantes sur le niveau des mers au cours des deux prochains siècles mais ne sera pas aussi rapide que certains l’avaient suggéré. Cette étude, publiée aujourd’hui dans le journal Nature, utilise un modèle de calotte polaire pour prédire les conséquences d’une instabilité de la calotte glaciaire provoquant un recul qui d’après des études récentes aurait déjà commencé en Antarctique de l’Ouest. Cette région restera suivant toute vraisemblance comme la grosse contributrice à l’élévation du niveau de la mer comme illustré dans l’animation qui suit.

L’équipe de chercheurs, animée par Catherine Ritz de l’Université Grenoble Alpes/CNRS et Tamsin Edwards de l’Open University, UK, prédit que ce phénomène participera à la montée de niveau des mers avec une contribution la plus vraisemblable de 10 cm à la fin de ce siècle sous l’hypothèse d’un scénario climatique moyen à fort et qu’il est extrêmement improbable qu’elle dépasse 30 cm. Combinée aux autres contributions, cela constitue un challenge important pour s’adapter à la montée future du niveau des mers. Mais, c’est aussi nettement inférieur à certaines estimations qui atteignaient un mètre de montée du niveau des mers venant de l’Antarctique à elle seule.

La valeur la plus vraisemblable établie par le GIEC est de 60 cm de montée du niveau des mers et l’estimation tirée de cette étude ne l’augmente que de quelques centimètres pour les scénarios moyen à fort envisagés. Cependant, les méthodes utilisées par les membres de cette équipe leur ont permis d’évaluer la vraisemblance d’un effondrement affectant une part importante de la calotte polaire et de la montée des mers qui en découlerait, ce que le GIEC ne pouvait pas faire. Ils prédisent qu’il y a une chance sur vingt que l’effondrement de l’Antarctique contribue à plus de 30 cm de montée du niveau des mers en 2100 et de plus de 72 cm en 2200. Ce résultat n’exclut pas des contributions plus importantes à plus longue échéance.

Les auteurs déclarent : « Notre méthode est plus complète que les estimations antérieures car elle explore plus largement les incertitudes que les précédentes prédictions par modélisation et inclut plus de physique que celles basées sur des extrapolations ou des jugements d’experts. »

L’article « Potential sea level rise from Antarctic ice sheet instability constrained by observations » a pour auteurs Catherine Ritz (Centre national de la recherche scientifique et Université Grenoble Alpes, France), Tamsin L. Edwards (The Open University, University of Bristol), Gaël Durand (Centre national de la recherche scientifique et Université Grenoble Alpes, France), Antony J. Payne (The University of Bristol), Vincent Peyaud (Centre national de la recherche scientifique et Université Grenoble Alpes, France ) et Richard C.A.Hindmarsh (British Antarctic Survey). Il a été publié le jeudi 19 Novembre 2015 dans le journal académique Nature.

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