English
LGGE

Accueil du site > Recherche > Les 5 équipes de recherche > Carottes, Climat, Chimie (ICE3) > Groupe "Gaz" > CH4 comme marqueur stratigraphique




Rechercher

OSUG - Terre Univers Environnement OSUG

CH4 comme marqueur stratigraphique

par Administrateur Un - 23 mars 2011 - ( maj : 23 mars 2011 )

La datation des carottes de glace pose parfois des problèmes pour comparer les enregistrements en terme de relation de phase. A défaut de capacité de datation absolue de ces enregistrements (absence de couches annuelles pouvant être comptées), il faut disposer d’outils pour placer les carottes de glace sur une échelle chronologique relative commune. A ce jour, les retombées d’éruptions volcaniques majeures, celles liées aux essais thermonucléaires aériens, ou encore les variations de flux de béryllium-10 en relation avec l’intensité du champ magnétique terrestre ou encore l’activité solaire sont les seuls outils disponibles dans la matrice glace. Par suite de leur ponctualité dans le temps, ces outils présentent toutefois certaines limites.

Certains gaz atmosphériques peuvent utilement compléter les marqueurs stratigraphiques de la matrice glace, s’ils respectent plusieurs conditions :

  • leur temps de vie atmosphérique est supérieur au temps moyen d’échange interhémisphérique ( 1 an), ce qui assure une distribution spatiale relativement homogène,
  • leur évolution temporelle montre des variations importantes reconnaissables dans les enregistrements glaciaires,
  • leur enregistrement dans la glace n’est pas affecté par des processus de production in situ.

Seuls le méthane et la composition isotopique de l’oxygène moléculaire satisfont ces conditions actuellement.

50000-10000 ans BP

L’utilisation du méthane comme marqueur stratigraphique nous a permis de placer sur une même échelle de temps les enregistrements climatiques groenlandais et antarctiques au cours des événements rapides de la fin de la glaciation et durant la dernière déglaciation.

Les conclusions majeures de ce travail sont :

  • A la fin de la glaciation, l’Antarctique se réchauffe alors que le Groenland demeure en conditions pleinement glaciaires ; lorsque le climat groenlandais se réchauffe brutalement (au moins pour les événements les plus proéminents, numérotés 8 et 12), l’Antarctique commence à se refroidir (Blunier et al., Nature, 1998).
  • -* Durant la dernière déglaciation, le plateau climatique antarctique (ACR) interrompant le réchauffement glaciaire-interglaciaire est en phase avec la période chaude du Bölling/Alleröd au Groenland ; alors que le Groenland se refroidit de plusieurs degrés au Dryas récent, l’Antarctique se réchauffe (Blunier et al., Geophys. Res. Lett., 1997).

Ces observations vont dans le sens d’une balance dipolaire du climat aux échelles de temps millénnaires, balance reliée probablement à la circulation océanique thermohaline transportant l’énergie au travers