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Un nouveau point sur les cartes du monde : Point Barnola (75°42’S, 123°15’E)

par KRINNER Gerhard - 28 janvier 2012 - ( maj : 27 mars 2012 )

A la recherche d’un site possible pour un forage permettant de recouvrir la glace la plus ancienne pour les recherches en paléoclimatologie, le site du forage exploratoire effectué en Janvier 2012 vient d’être nommé "Point Barnola" en mémoire de notre collègue Jean-Marc, disparu prématurément en septembre 2009.

Dans le cadre des programmes polaires Explore et Vanish et avec l’assistance logistique indispensable de l’IPEV, le LGGE vient de mener un raid scientifique en Antarctique de l’Est entre Dôme C et Vostok (plus de détails ici). L’objectif principal du projet Explore était d’identifier un site potentiel pour un futur forage profond en Antarctique de l’Est, permettant de récupérer de la glace très ancienne afin d’étendre les précieuses archives climatiques glaciaires jusque vers environ un million d’années dans le passé. Dans ce but, un forage exploratoire de 110 m de profondeur a été effectué au site désormais nommé Point Barnola : 75°42.55’S, 123°15.50’E, altitude 3236m. Une stèle a été dédiée à notre collègue disparu et une demande officielle de reconnaissance de ce nom pour les futures cartes géographiques sera déposée par le LGGE et l’IPEV au printemps auprès de la commission nationale de toponymie de l’IGN.

Point Barnola, site de mémoire au milieu de l’immense étendue blanche du plateau Antarctique

Le glaciologue Jean-Marc Barnola, né le 3 janvier 1956 à Bourg-en-Bresse (Ain), est décédé le 21 septembre à La Mure dans l’Isère. Aux côtés de Claude Lorius, de Jean Jouzel et de Dominique Raynaud, il a amplement contribué à l’essor de la glaciologie moderne et des implications de celle-là avec la paléoclimatologie. En effet, après un doctorat, obtenu à l’université Joseph-Fourier de Grenoble (Isère), il est le premier à publier en 1987 dans la revue Nature un article établissant pour la première fois l’histoire climatique du globe terrestre à partir du gaz carbonique (CO2) contenu dans des bulles d’air de la basse atmosphère piégées dans les carottes de glace de la station Vostok en Antarctique. Si l’idée était connue auparavant, il restait à résoudre le difficile problème de la datation, qui peut varier jusqu’à plusieurs milliers d’années, entre l’âge de la glace et celui des bulles d’air piégées dans cette dernière. Barnola l’a fait, et depuis lors, avec cette méthode, on a pu reconstituer les changements climatiques en Antarctique, y compris les périodes glaciaires et interglaciaires, du Quaternaire, jusqu’à 800 000 ans.

Voir en ligne : Raid scientifique Dôme C - Vostok et forage en Antarctique 2012

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