English
LGGE

Accueil du site > Autres actualités > Archive des autres actualités > Dominique Raynaud, Docteur honoris causa de l’Université de Massachusetts Amherst




Rechercher

OSUG - Terre Univers Environnement OSUG

Dominique Raynaud, Docteur honoris causa de l’Université de Massachusetts Amherst

par KRINNER Gerhard - 1er novembre 2013 - ( maj : 1er novembre 2013 )

Aux côtés d’André Berger et Warren Washington, Dominique Raynaud vient de recevoir le doctorat honoris causa de l’Université de Massachusetts Amherst pour ses travaux pionniers sur les calottes de glace, grâce auxquelles il a notamment pu montrer le lien étroit entre la concentration atmosphérique de gaz à effet de serre et le climat de la Terre au cours des derniers centaines de milliers d’années.

Dominique Raynaud a commencé sa carrière scientifique il y a 40 ans avec un doctorat consacré à la mesure de la teneur d’air dans les carottes de glace. Il est maintenant reconnu que ce paramètre, influencé par la pression d’air et donc par l’élévation de la calotte glaciaire, est modulée par l’insolation locale et fournit un outil pour contraindre les chronologies des carottes de glace. Dominique Raynaud a été un pionnier dans le développement de ce nouvel outil. Il a également été impliqué dans les études traitant de la composition isotopique de l’air des bulles (15N et 18O) et avec le rapport N2/O2. Mais sa principale contribution à l’étude de carottes de glace pour laquelle il est pleinement reconnu dans notre communauté scientifique est le rôle clé qu’il a joué, avec son équipe du LGGE, dans la reconstruction de la composition atmosphérique passé en dioxyde de carbone et méthane et à la compréhension du lien entre ces gaz à effet de serre et le climat.

C’est dans les années quatre-vingt que les études effectuées sur la glace de Vostok dans le cadre d’une collaboration entre scientifiques français et russes, plus tard étendu à des équipes américaines, ont permis de démontrer l’étroite corrélation entre le CO2 (et plus tard CH4) et le climat et de l’Antarctique au cours du dernier cycle glaciaire-interglaciaire (les 150 derniers ka), et d’en déduire que ces gaz ont contribué aux changements climatique glaciaire-interglaciaire en contribuant à l’effet de serre, amplifiant ainsi le forçage astronomique. Dans les années quatre-vingt-dix, ces enregistrements de Vostok ont été étendus à quatre cycles climatiques (420 ka), et grâce à la carotte EPICA (European Project for Ice Coring in Antarctica) Dôme C et à une étroite collaboration entre les équipes de Berne et de Grenoble, ces enregistrements de CO2 et CH4 ont été récemment étendus jusqu’à 650 ka. Ils couvrent désormais les 800 derniers ka montrant 1) que les valeurs actuelles n’ont jamais été observées au cours de toute cette période et que 2) le changement de rythme des paramètres climatiques observé autour de 400 ka BP, juste avant MIS 11, est également observé pour les gaz à effet de serre.

Au delà de cette contribution essentielle à la reconstruction de l’enregistrement passé de serre et de son interprétation, qui est illustré par de nombreuses publications fortement citées (plus que 30 d’entre elles dans Science ou Nature), Dominique Raynaud et son équipe ont été actifs dans les études portant sur la glace de lac Vostok, les carottes du Groenland, des chronologies carottes de glace et des sujets traitant de la sensibilité du climat et des cycles biogéochimiques.

Voir en ligne : Annonce de l’Université de Massachusetts Amherst

Sous la tutelle de :

Sous la tutelle de :

tutellesCNRS